Les philosophes et la liberté.texte 4. Rousseau


Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

" On a beau vouloir confondre l'indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s'excluent mutuellement. Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît aux autres, et cela ne s'appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas soumis à celle d'autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d'autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre et régner c'est obéir. (?) Je ne connais de volonté vraiment libre que celle à laquelle nul n'a droit d'opposer de résistance ; dans la liberté commune, nul n'a droit de faire ce que la liberté d'un autre lui interdit, et la vraie liberté n'est jamais destructive d'elle-même. Ainsi, la liberté sans la justice est une véritable contradiction; Car de quelque façon qu'on s'y prenne, tout gêne dans l'exécution d'une volonté désordonnée. Il n'y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu'un est au-dessus des lois : dans la nature même l'homme n'est libre qu'à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit mais il ne sert pas ; il a des chefs mais non pas des maîtres ; il obéit aux lois mais il n'obéit qu'aux lois et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. "
 Lettres écrites de la montagne (8ème lettre)  1764
En 1763, Le Conseil de Genève condamne  Émile ou de l'éducation (1762) et le Contrat social (1762). Le procureur général, J.P. Tronchin fait paraître alors les « Lettres écrites de la campagne », destinées à réfuter les thèses de Rousseau. Celui-ci réplique aussitôt par ces neuf «  Lettres écrites de la montagne », rédigées à Neuchâtel d'octobre 1763 à mai 1764. Il y soutient l'essentiel des thèmes religieux et politiques de la Profession de foi du vicaire savoyard. Rousseau formule en outre des reproches majeurs à la république de Genève, l'accusant d'être tombée dans le dogmatisme, au détriment de la tolérance voulue par ce « christianisme tel qu'il est dans son véritable esprit, libre, dégagé de tout lien de chair, sans autre obligation que celle de la conscience, sans autre gêne dans les dogmes que les m?urs et les Lois.»

Pistes de travail
1° De quel type de liberté s'agit-il ici ?
2° Quelle définition Rousseau donne-t-il de l'indépendance ?
3° Comment comprenez ?vous : « régner, c'est obéir ? »
4° A votre avis qu'est-ce que la loi naturelle ? Etes-vous d'accord avec ce concept ?
5° Au total, que pensez-vous de ce texte ?


Tous droits reservés Dax Café Philo 2013 - Site réalisé par IzyWeb